Winling/ Créations tous azimuts

Origine et intentions !

La vie d’une créatrice durant quarante années de spectacle vivant, de la première maquette au costume sur scène.
Cette publication proposera des réalisations pour la scène, photos de cette aventure créative qui s’annonce. 
Le chemin commence avec deux spectacles fondateurs, une sélection autour de cinq artistes et leurs compagnies :
Nicolas Ramond / Les Transformateurs
Barthelemy Bompard / Cie Kumulus,
Igor & Lili / Volière Dromesko,
Jean-Paul Wenzel / Dorénavant Compagnie,
Jean-Louis Hourdin / Le Grat
et un panorama de créations au cours des années.
Au cœur du travail de la costumière, il y a ce désir de surprendre en participant, exactement, à la justesse de l’ensemble. Les créations de costumes sont toujours différentes selon les collaborations. Certains artistes me donnent une forme de carte blanche, d’autres, des indications artistiques, d’autres enfin ont le goût d’une fabrication de work in progress, au plateau, avec toute l’équipe. Je m’adapte toujours aux équipes et aux moyens.
C’est avec Nicolas Ramond que j’ai le sentiment d’avoir débuté mon aventure de créatrice de costumes en toute liberté dans les idées, les matériaux (Frontières ou les dos mouillés / 1993).
Igor et Lily ne travaillent pas à partir de maquettes, je dois rentrer dans leur univers et ils sont très gourmands de mes propositions : tout est possible à faire…
La seule indication, par exemple, que m’a donnée Jean-Louis Hourdin était qu’il fallait fabriquer comme une petite famille, une troupe de théâtre, j’ai choisi de travailler à partir de tissus authentiques (lin, coton..) que j’ai retravaillés en peinture. Pour Barthelemy Bompard, tout s’expérimente au plateau, avec les comédiens, les techniciens. Comme ils sont dans la rue, leur apparence est d’autant plus étudiée…
Il y a enfin un grand champ des costumes historiques, en compagnie de Jean-Paul Wenzel et de Bernard Sobel.
Nourrie d’une connaissance documentée de l’histoire du costume apportant la référence historique, j’ai tout de suite entrelacé, au cœur de mes créations, des matières novatrices dont la plasticité a permis d’élargir les imaginaires auxquels plus rien n’était donc impossible. Un costume historique, il faut de réelles couches de tissus, jupons : avec ces matières-là, on a le rendu souhaité tout de suite. J’ai fait des costumes en décalé, avec des tissus du futur, tout simplement parce qu’ils sont plus faciles à travailler, il n’y a pas de finitions infinies comme en couture.
Dans un tout autre registre, le lycra mousse habille des baudruches, devenant ainsi d’énormes ballons gonflables et des mappe-mondes pour un carnaval, les voiles géantes font rêver les gens, dans la rue, le nez en l’air. Le plastazote permet la création immédiate de volumes pour des sphères géantes, des perruques,des chapeaux, des armures.
 
Je me suis toujours nourrie de ce que je vois sur scène car j’assiste aux répétitions, c’est le plateau qui dirige les allers retours incessants avec l’atelier, quelque chose à régler en costumes, une contrainte de changements rapides, la recherche d’une meilleure ergonomie même si c’est la base : l’aisance des mouvements, l’alliance des corps et des matières…
Je sais avoir eu de la chance de commencer dans ce métier, en 1982, portée par la vague d’une politique culturelle décentralisatrice, offensive et joyeuse. L’énergie générale a contribué à mes compagnonnages sur les années, avec des artistes de Centres Dramatiques Nationaux, de festivals ruraux, ou de théâtre de rue…
On travaillait la nuit, sans clés ni gardiens, très souvent dans l’urgence, et c’était gai avant tout.

 

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